Masha Akré : celle qui révolutionne le secteur de la beauté en Côte d’Ivoire

Entrepreneure et consultante pour Maybelline, l’Ivoirienne Masha Akré est à la tête d’Afrodict, une plateforme de réservation de prestations de beauté en ligne… qui renouvelle le secteur en Côte d’Ivoire.

Portrait Crédibiliser le métier de make-up artiste en Côte d’Ivoire Inconcevable pour elle d’abandonner son projet, Masha Akré persévère en offrant des ateliers tout en travaillant à côté dans un organisme international jusqu’en 2015 : « Là, l’affaire a commencé à marcher ! C’était épuisant pour moi d’aller au travail et de répondre à toutes ces sollicitations, même avec l’aide de mon assistante. J’ai décidé de ne pas renouveler mon contrat et de me lancer pleinement dans cette activité » informe-t-elle contenue de cette explosion. Celle-ci est due, en partie, à l’arrivée de plusieurs marques de cosmétiques sur le territoire ivoirien telles que l’Oréal avec Maybelline New York, Black Up Côte d’Ivoire, l’ouverture d’une boutique Mac Cosmetics en 2016, et dernièrement en novembre 2017, de l’implantation de la marque française de luxe Lancôme.

Masha Akré a pu prendre une petite revanche sur la vie : « Plus jeune, je lisais beaucoup les magazines beauté. J’aimais vraiment ça mais je ne me retrouvais jamais. On ne parlait pas de beauté noire, il n’y avait aucune astuce pour nous », se rappelle-t-elle. Pour cette raison, l’entrepreneuse s’est attachée à représenter des femmes noires joliment maquillées par le biais de shootings photos organisés par ses soins. « Je faisais ce que je ne voyais pas dans les pages de ces magazines ». Cette démarche l’a poussée à aller plus loin.

Digitaliser le monde de la beauté

En novembre 2016, après une année de réflexion, Masha Akré lance Afrodict : la première plateforme ivoirienne de réservation et prestation de beauté en ligne. Tout est parti d’un constat : « J’avais remarqué que les personnes qui d’arriver au pays ou qui ne connaissaient pas la Côte d’Ivoire ne savaient pas où se faire maquiller, coiffer, les ongles ou encore des soins esthétiques. Et puis, la femme africaine moderne n’a pas le temps de patienter des heures pour une prestation », affirme-t-elle. Les meilleurs professionnels, recrutés localement, offrent leurs services aux clients. Celles-ci n’ont qu’à réserver pour une prestation à domicile, en salon ou chez le professionnel !

Une initiative qui a rapidement séduit puisque Afrodict a remporté le concours Most Innovation Sunustartup (MISS) en 2016 et intègre la French Tech Abidjan, une communauté d’entrepreneurs pour bâtir des ponts entre la France et la Côte d’Ivoire. Si le nombre de clients ne cesse d’augmenter, il existe néanmoins un défi majeur à surmonter : « En général, on reçoit plus d’appels que de commandes en ligne. C’est tout un travail et une rééducation à faire autour de l’outil internet – que la population n’utilise pas toujours – qu’il faut mener. Il y a de l’engouement mais les gens ne sont pas encore habitués à ces usages », constate Masha Akré.

Projets futurs

Aujourd’hui la consultante et son équipe compétente lancent une application mobile et une version parisienne d’Afrodict. La version pilote est déjà en ligne. L’ambition de Masha Akré est d’explorer en long et en large le monde de la beauté : « J’ai commencé par la rédaction d’articles puis le maquillage, maintenant il y a cette plateforme de mise en relations. Demain, ça sera Ewazine, un webzine 100% dédié à la beauté des femmes mais aussi des hommes noirs et métissés. Après demain ? Pourquoi pas une marque de maquillage ? » Masha Akré ne sait pas ce que l’avenir lui réserve mais ce dont elle est sûre, c’est qu’elle évolue toujours dans le domaine de la beauté. C’est une vocation.

Par Team Kizzy Magazine