Tresses africaines à New York : Ces dames immigrantes qui magnifie la culture du continent noir

Le tressage est une profession principalement pratiquée par et pour les femmes noires. Il fait partie intégrante de nombreuses cultures africaines. Le tressage est un art social, souvent pratiqué en petits groupes où les aînés tressent les cheveux et les enfants apprennent en les observant. Les femmes africaines acquièrent ce savoir-faire dès leur plus jeune âge en s’exerçant mutuellement afin d’embellir leurs cheveux et de les protéger des dommages. Le tressage fait partie intégrante du patrimoine culturel des femmes africaines et constitue un héritage.

Pour de nombreuses femmes immigrantes africaines, le tressage est également l’emploi le plus accessible et la compétence la plus recherchée pour gagner leur vie et subvenir aux besoins de leur famille ici et au pays. Même les femmes africaines confrontées à des obstacles à l’emploi traditionnel ou à la création d’entreprise, comme une maîtrise limitée de l’anglais et de l’alphabétisation, un statut d’immigration irrégulier et un capital limité, ont pu créer leur propre entreprise et gagner dignement leur vie.

Cependant, travailler comme tresseuse aux États-Unis n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. Les tresseuses immigrantes africaines constituent une main-d’œuvre marginalisée confrontée à de nombreux défis. Les tresseurs doivent composer avec le racisme et la xénophobie aux États-Unis, ainsi qu’avec les obstacles réglementaires et structurels qui entravent l’exercice de leur métier. Pour African Communities Together (ACT), la capacité des tresseurs africains à gagner dignement leur vie tout en garantissant le respect de leur profession et de leur expérience par les clients et les normes du secteur est un enjeu crucial.

Lors de nos échanges avec des tresseurs parmi nos membres et au-delà, ils ont identifié un défi majeur : l’impossibilité d’obtenir la licence professionnelle nécessaire à leur activité. Cette licence, la licence de coiffure naturelle, était inaccessible à nombre de nos membres en raison de divers facteurs, notamment la maîtrise de l’anglais, l’alphabétisation, le temps et le coût des formations associées, et la difficulté à s’y retrouver dans les démarches administratives nécessaires à l’obtention des documents nécessaires à leur pays d’origine pour obtenir une dérogation. « L’octroi de licences : un héritage : la vision des tresseuses africaines pour la réforme de la licence professionnelle à New York » est un projet de recherche participative mené par African Communities Together et TakeRoot Justice.

Le rapport révèle que les tresseuses rencontrent d’importants obstacles pour obtenir la licence de coiffure naturelle, exigée par l’État de New York, afin d’exercer leur profession. Il présente la plus grande enquête connue menée auprès des tresseuses professionnelles new-yorkaises, un secteur qui emploie des milliers de femmes, majoritairement immigrées d’Afrique. Le rapport révèle pour la première fois l’opinion des tresseuses africaines sur leur profession, notamment sur les obstacles à l’obtention de la licence professionnelle obligatoire, et propose des recommandations détaillées pour les éliminer.

Par Team Kizzy