Les mères migrantes arrivant à New York trouvent soutien, espoir et beaucoup de défis

Ces dames qui arrivent parfois en compagnie de leur famille, Dariangelys et (à droite) Magdala Ciceron avec sa fille Amaya pose pour des portraits à la maternité de la clinique médicale de l’hôtel Roosevelt. Lorsque Roukhaya a appris qu’elle était enceinte, elle vivait encore au Tchad, un pays africain.

Lorsqu’elle a appris que c’était une fille, c’est à ce moment-là qu’elle a su qu’il était temps de partir.

Au Tchad, explique-t-elle, les mutilations génitales féminines sont encore pratiquées. Roukhaya et son mari sont tous deux médecins et pensent que c’est une brutalité. Je lui demande si elle-même y a été soumise. Elle hoche la tête doucement.

« Je ne veux pas ça pour ma fille », dit-elle.

(NPR n’identifie pas les victimes de violences sexuelles ; nous taisons donc le nom de famille de Roukhaya.)

Depuis un an environ, plus de 100 000 migrants du monde entier sont arrivés à New York. Certaines, comme Roukhaya, sont enceintes et cherchent refuge. NPR a passé du temps avec plusieurs de ces femmes, leurs bébés et l’équipe de médecins, d’infirmières et de travailleurs sociaux qui les accompagnent. La première étape de Roukhaya a été l’hôtel Roosevelt à Manhattan. C’est le centre d’arrivée de la ville, le point d’entrée à New York pour tous les migrants qui souhaitent s’enregistrer et accéder aux refuges, aux services juridiques et médicaux.

L’hôtel a conservé son charme des années 1920 : tableaux imposants, lustres scintillants et escaliers vertigineux. Mais aujourd’hui, il fait office d’Ellis Island des temps modernes. La garde nationale veille sur les milliers de migrants qui attendent leurs examens médicaux et leurs vaccins.

Roukhaya a été envoyée au Centre médical pour la santé des femmes de l’hôpital Bellevue, qui fait partie de NYC Health + Hospitals, le système de santé public de la ville. C’est là que la plupart des femmes migrantes sont suivies en gynécologie-obstétrique.

Le personnel a confié à NPR que l’une des principales préoccupations était le manque de soins prénataux chez certaines nouvelles arrivantes. C’est une préoccupation partagée par certaines patientes. « Ça m’inquiétait », confie Yuniaski López. Elle s’excuse d’avoir la voix un peu rauque et explique qu’elle est simplement épuisée. Yuniaski López a une vingtaine d’années. Elle plaisante en disant que chez elle, au Venezuela, sa belle-mère insistait toujours pour avoir un petit-enfant. Elle et son mari lui disaient que ce n’était pas le bon moment pour avoir un enfant, entre la grave crise économique du pays et la répression gouvernementale. Yuniaski López confie que le voyage aux États-Unis était quasiment impossible. « C’était tellement dur », confie-t-elle. « Surtout la jungle. Tout. Le train… c’était trop dur. Je pouvais à peine le supporter. Je dormais dans la rue. Souvent, je manquais de nourriture. »

Par Djeneba N’Dao